Categorie : Microsoft
Date de publication : 13.12.2018

Le challenge du cloud : savoir s’adapter pour en profiter

Le marché luxembourgeois fait de plus en plus confiance à des services cloud, et de nombreuses sociétés commencent à réfléchir à la meilleure façon de les implémenter. Les principaux fournisseurs de cloud proposent des solutions clés en main, accessibles toujours et partout, peu importe l’heure et le lieu.

Le client obtient rapidement une solution fonctionnelle, sans installation majeure. Cependant, la simplicité d’utilisation du cloud présente aussi des risques pour les entreprises: la facilité de son adaptation et sa disponibilité instantanée font parfois oublier la nécessité d’une stratégie globale et cohérente.

Le cloud se divise en trois catégories majeures: SaaS, PaaS et IaaS. Chacun de ces types est à aborder différemment.

Sebastian MaasSebastian Maas Senior cloud consultant (Elgon)

Sebastian Maas, senior cloud consultant, décrit le portfolio des services cloud: «Le cloud se divise en trois catégories majeures: SaaS (Software as a Service, p. ex. un service de messagerie), PaaS (Platform as a Service, p. ex. une base de données) et IaaS (Infrastructure as a Service, typiquement des machines virtuelles). Chacun de ces types est à aborder différemment.»

Un service SaaS est une application mise à disposition entièrement par le fournisseur de cloud. Il s’occupe de la gestion de tous les composants. En PaaS, le fournisseur de cloud prend en charge la mise à disposition des composants nécessaires, pour que le client puisse développer, exploiter et gérer ses applications. En IaaS, c’est uniquement l’infrastructure physique et son évolution qui sont prises en charge par le fournisseur de cloud. Le client construit ensuite son infrastructure virtuelle au-dessus.

«Ayant déjà accompagné de nombreux projets cloud au sein d’Elgon, j’ai pu remarquer que les défis sont souvent les mêmes. Les services SaaS permettent une adaptation rapide, mais ils sont typiquement aussi moins flexibles que leurs équivalents installés en mode IaaS ou sur une infrastructure classique», poursuit Sebastian Maas.

Le changement d’habitude est à faire au niveau des techniciens ou des développeurs.

Sebastian MaasSebastian Maas Senior cloud consultant (Elgon)

Certains services demandent un changement d’habitude au niveau des utilisateurs. Imaginons le remplacement d’un serveur de fichiers classique par un système de gestion des documents. Le nouveau système apporte beaucoup de fonctionnalités supplémentaires (ex.: une interface web pour y accéder, la collaboration de plusieurs utilisateurs sur un document spécifique, la gestion de versions des documents, etc.), mais les utilisateurs ne peuvent plus y accéder de la façon habituelle.

Ainsi, il faudra s’assurer que les utilisateurs soient informés des changements à venir et qu’ils soient formés à l’utilisation du nouveau système. Dans certains scénarios (ex.: interfaces avec d’autres systèmes ou des besoins extraordinaires), une solution classique pourrait encore être indispensable à titre complémentaire.

«L’usage des services PaaS n’est pas aussi visible pour les utilisateurs, car ils sont utilisés au-dessous des applications. Le changement d’habitude est à faire au niveau des techniciens ou des développeurs, qui mettent à disposition des applications sur cette plate-forme. Prenons l’exemple d’un service de bases de données: les données stockées restent les mêmes, mais l’infrastructure sous-jacente change complètement: d’une installation ajustable à une plate-forme standardisée. Par conséquent, l’application supportée devrait être potentiellement adaptée», nous explique Sebastian Maas.

Un des grands avantages du cloud est le fait de payer des ressources selon leur consommation réelle.

Sebastian MaasSebastian Maas Senior cloud consultant (Elgon)

Adapter le cloud en partant sur une approche IaaS peut sembler la manière la plus facile, car le client dispose d’une grande liberté pour son infrastructure virtuelle. Mais le plus grand avantage est aussi le plus grand risque. Une infrastructure classique (donc des serveurs, du stockage, du réseau, etc.) est typiquement surdimensionnée par design.

L’évolution des besoins est souvent estimée sur plusieurs années pour définir la capacité de l’infrastructure à acquérir. En raison du surdimensionnement de l’infrastructure physique, les machines virtuelles sont aussi souvent surévaluées. En plus, toutes les machines tournent 24/7, même si le business n’en a pas forcément besoin.

«La simple disponibilité de la capacité préacquise influence donc essentiellement l’architecture technique», poursuit Sebastian Maas, avant de conclure: «Le concept du cloud inverse cette approche: la capacité est toujours disponible, mais plus prépayée. Un des grands avantages du cloud est le fait de payer des ressources selon leur consommation réelle, et plus selon leur disponibilité.»